Notre numéro 33 pour les mois de février et de mars 2018 est désormais disponible dans les kiosques et dans tous nos points de vente.

 

 
DOSSIER | «Le mouvement écologique est né bien avant que la détérioration du milieu et de la qualité de vie pose une question de survie à l’Humanité. Il est né originellement d’une protestation spontanée contre la destruction de la culture du quotidien par les appareils de pouvoir économique et administratif. Et par “culture du quotidien” j’entends l’ensemble des savoirs intuitifs, des savoir-faire vernaculaires (au sens qu’Ivan Illich donne à ce terme), des habitudes, des normes et des conduites allant de soi, grâce auxquels les individus peuvent interpréter, comprendre et assumer leur insertion dans le monde qui les entoure. La “nature” dont le mouvement exige la protection n’est pas la Nature des naturalistes ni celle de l’écologie scientifique: c’est fondamentalement le milieu qui paraît “naturel” parce que ses structures et son fonctionnement sont accessibles à une compréhension intuitive; parce qu’il correspond à un besoin d’épanouissement des facultés sensorielles et motrices; parce que sa conformation familière permet aux individus de s’y orienter, d’interagir, de communiquer “spontanément” en vertu d’aptitudes qui n’ont jamais eu à être enseignées formellement. La “défense de la nature” doit donc être comprise originairement comme la défense d’un monde vécu, lequel se définit notamment par le fait que le résultat des activités correspond aux intentions qui les portent, autrement dit que les individus sociaux y voient, comprennent et maîtrisent l’aboutissement de leurs actes. Or, plus une société devient complexe, moins son fonctionnement est intuitivement intelligible.»

André Gorz, «L’écologie politique entre expertocratie et autolimitation» (1992),
in Ecologica, Galilée, 2008, pp. 48-49

 


A propos de Moins!

Moins! est un journal bimestriel, créé sous l’impulsion de militant·e·s du Réseau Objection de Croissance, qui vient animer les débats politiques romands et nationaux.

Confronté­∙e∙s à la banalisation des questions écologiques et à une cruelle absence de voix critiques vis-à-vis du productivisme et du progrès, Moins! aspire à promouvoir et diffuser les idées de la décroissance. Ce mot-obus, qui s’attaque à la religion de la croissance économique, ne trouve guère de visibilité dans les médias dominants. Quand il y figure, il l’est souvent à mauvais escient (en synonyme de récession) ou de façon caricaturale (cavernes, bougies et calèches !). Il s’agit pourtant d’un courant de pensée qui connait un succès grandissant, en Europe aussi bien qu’en Amérique Latine, au moment même où convergent des crises diverses et profondes – écologique, sociale, économique et morale.

Pour pallier ce manque, Moins! se propose d’être un cri de contestation et de résistance, mais aussi un espace ouvert à des voix dissidentes, à des sujets et des questions tabous, afin de révéler l’existence de pistes alternatives et devenir un lieu de réflexion (et d’action!) pour construire une façon de vivre ensemble plus égalitaire et solidaire.

Alliant articles d’actualité, témoignages locaux et textes de fond, chaque numéro peut compter sur la collaboration d’une équipe de rédacteur∙trice∙s et de dessinateur∙trice∙s, entièrement bénévoles et réuni∙e∙s par un vif esprit «éconoclaste». Sans publicité, libre de toute attache politicienne, notre journal de 32 pages de qualité est vendu selon le principe du prix libre, tant au numéro qu’à l’abonnement. Il est également disponible en kiosque, au prix de 5 francs.